Virginie Limbourg

Places à Gaz

La grande guerre a profondément marqué l’environnement sur une surface polluée et non exploitable que l’on classe « zone rouge » à la fin des combats. Avec le temps, la zone rouge a été reconquise par les producteurs agricoles et les éleveurs. Mais elle n’a pas disparu. Aujourd’hui, dorment encore en surface et en sous-sol des millions de balles et d’obus chimiques non-explosés.

Le long de l’ancienne ligne de front en Meuse, dans le Nord-Pas-de-Calais et jusqu’en Belgique, il existe d’autres stigmates. Très toxiques, plus discrets. Dont on parle à voix basse.

En période de démilitarisation, des stocks d’engins explosifs ont été enfouis dans le sous-sol ou en mer du Nord. Des armes chimiques et explosives ont été détruites par « pétaradage » ou pyrolyse sur des sites que l’on appelle « places à gaz ». On y retrouve aujourd’hui une pollution majeure et des taux importants de métaux lourds. L’arsenic constitue 17% du poids des sols. Tous les végétaux continuent à mourir depuis 80 ans. Il est très probable que la contamination soit transférée dans le sous-sol par ruissellement des eaux et infiltration. Autour de ces toundras, la faune et la flore ne sont pas épargnées. Rien n’interdit ni la cueillette des champignons, ni la chasse, ni l’agriculture, ni l’élevage.

Dans les villages environnants, tout le monde le sait. Et malgré l’alerte des scientifiques, tout le monde se tait.

©Virginie Limbourg

 

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